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Construction du Grand Palais des Beaux-Arts

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Nous avons vu que, à la suite du concours ouvert le 26 avril 1896, pour l’édification des Palais des Champs-Elysées, trois architectes furent choisis le 24 juillet 1896 pour réaliser l’œuvre qui fut une refonte des meilleures idées remarquées dans les différents envois, aucun projet primé n’ayant été jugé susceptible d’être exécuté intégralement.
Nous savons également que M. Deglane fut chargé de l’édification de la partie antérieure en bordure do l’avenue Nicolas II; M. Thomas, rie la partie postérieure en bordure sur l’avenue d’Antin; la partie intermédiaire reliant les deux précédentes fut confiée à M. Louvet. M. Girault, chargé de l’exécution du Petit Palais, fut nommé architecte en chef des deux édifices.

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Lue commission consultative, composée de MM. Garnier, Daumet, Pascal et Audremer, membres de l’Institut, fut en outre chargée d’examiner les études définitives du projet d’ensemble conçu par les trois architectes.
Le rapport du jury, rédigé par M. Pascal, fixait le point de départ des études de la façade principale en se reportant au projet présenté au concours par M. Tropey-Bailty, Cette façade se composait essentielle-ment d’une colonnade, s’élevant au premier étage de l’édifice au-dessus d’un soubassement compris dans la hauteur du rez-de-chaussée et inter-rompue dans sa partie centrale par trois grandes arcades formant porche d’entrée.

Cette disposition de principe avait l’avantage d’accuser en façade les deux étages de galeries d’exposition, tout en indiquant par le porche d’entrée à toute hauteur, l’importance du hall intérieur. Elfe permet-tait, en outre, de disposer tout le rez-de-chaussée de plain-pied, mettant ainsi en communication directe la piste du hall et les galeries de pourtour avec le sol extérieur. Mais les nécessités d’éclairage du rez-de-chaussée obligeaient à percer de grandes baies, tout le soubassement lui enlevant ainsi son caractère ; et d’autre part, la préoccupation de limiter le développement du porche d’entrée, rendait fort difficile de réaliser une proportion acceptable pour les trois arcades qui le constituaient.

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A ce moment, M. Girault proposa de descendre au niveau des galeries du rez-de-chaussée l’étage de la colonnade, celle-ci ne reposant plus dès lors que sur le soubassement peu élevé d’un sous-sol montant légèrement en contre-haut de la piste.
Ce système devait présenter naturellement certains inconvénients au point de vue des facilités d’accès entre les galeries du rez-de-chaussée et la piste de l’extérieur. Néanmoins, tout bien considéré, cette disposition fut jugée préférable par la Commission consultative et définitivement adoptée.
Le projet d’ensemble qui en résultait fut approuvé en février 1897.
C’est sur les données qui précèdent que l’architecte de la partie anté-rieure poursuivit les études définitives de la façade principale.
Quoique le point de départ primitif de la composition eut été aban-donné, il en subsistait néanmoins l’obligation d’une colonnade courante, coupée dans sa partie centrale par trois grandes arcades formant motif d’entrée.
On conçoit la difficulté qu’il y avait, au point de vue esthétique, à réunir d’une façon harmonieuse des éléments si peu homogènes.
Après certaines recherches, M. Deglane présenta un projet nouveau comportant pour le porche d’entrée une grande plate-bande soutenue par des doubles colonnes présentant le même caractère d’architecture que les portiques adjacents.
Les plans dont on poursuivait simultanément les études étaient mis au point et l’on commença les travaux aussitôt que la démolition du Palais de l’Industrie permit de le faire.

 

1° Partie antérieure du grand palais.

Architecte : M. Deglane.
La partie antérieure du Grand Palais comprend essentiellement :
La Grande Nef principale;
Les Salles d’exposition et dépendances.
DESCRIPTION
La partie du Grand Palais en bordure de l’avenue Nicolas II, longue de 235 m sur 85 m de largeur environ, se compose, sur sa façade principale, d’une colonnade interrompue au centre par un porche d’entrée élevé de quelques degrés.
Une double rampe permet aux voitures d’approcher de cette entrée principale.
Ce porche est constitué par trois travées de doubles colonnes mesurant 16 m de hauteur et lm,80 de diamètre. Il est flanqué à gauche et à droite de deux pylônes surmontés de groupes décoratifs représentant « l’Art et la Paix », dus à MM. Lombard et Verlot et accompagnés de statues de MM. Greber et Seysses.
Ces pylônes abritent les escaliers principaux conduisant aux galeries du premier étage; à leur base, se trouvent des portes de service, couronnées de motifs représentant, à gauche, la » Révélation artistique », de Gasq, à droite, « l’Inspiration », de Boucher.
Entre les doubles colonnes sont placées des figures symbolisant les arts: «l’Architecture », de Antonin Cariés; la «Peinture», do Ca-mille Lefèvre; la « Sculpture », de Cordonnier; la « Musique », de Labatut.
Cette théorie se retrouve développée à la base des colonnes par «les bas-reliefs traités par les mêmes artistes.
Les portiques latéraux, de quelques degrés surélevés par rapport au sol du porche, sont ornés à leur base de statues assises symbolisant les grandes époques de l’Art, et dont les piédestaux forment corps avec le soubassement, haut de 4m,20.
A gauche de l’entrée, les premières civilisations par les Arts : « Asiatique », de Georges Bareau ; « Egyptien », de Suchetet; « Grec », de Béguine ; « Romain », de Clausade.
A droite, les époques plus rapprochées de nous : le « Moyen Age », de Boutry ; la « Renaissance », d’Enderlin ; le « xviii » siècle », de Hip- polyte Lefebvre : 1’ « Art contemporain », de Félix Charpentier.
Ces grandes périodes artistiques sont également traduites sur le mur de fond du portique par des mosaïques d’émail courant le long de la façade et dont les cartons sont dus à M. Louis-Edouard Fournier,
Ces différents panneaux sont reliés entre eux par des motifs décoratifs sculptés dans la pierre et composés d’écussons et de cariatides supportant les grandes divisions du plafond du portique. Leur exécution est due au ciseau de MM. Soldi, Levasseur, Bayard de la Vingtrie et André.
Les portiques, formés de colonnes de 11 m du haut et de 1,20 mètre de diamètre, sont terminés à leurs extrémités par des pans coupés de forme curviligne, donnant accès aux salons de repos du rez-de-chaussée.
Ces pans coupés sont reliés au sol des jardins par des perrons dont les emmarchements sont ornés de deux statues assises représentant du côté de la Seine; 1’ « Art Industriel », de Villeneuve; 1’ « Art Décoratif », de Lafont; du côté des Champs-Elysées; la « Céramique », do Léonard ; le « Dessin » de Daillion.
Des quadriges en bronze exécutés par le statuaire Récipon, couronnent ces motifs d’angle.
Les façades latérales, sur plan courbe, et les façades postérieures se composent de travées formées par des colonnes engagées et couronnées do balustrades faisant suite à celle de la façade principale. Des entrées réservées du côté de la Seine et du côté des Champs-Elysées, permettent aux voitures d’accéder directement à la piste. Ces entrées sont surmontées, dans la hauteur du premier étage, de cartouches accompagnés de figures et traités par MM. Allouard et Madeline.
L’intérieur du Palais se compose d’une grande nef d’environ 200 m de longueur sur 45m de largeur entre points d’appui composée de douze fermes plein cintre de 37 m de hauteur, reliées dans leur axe par un dôme très surbaissé, dont les arêtiers en forme de croix partent du sol même.
La nef se termine à ses extrémités par des croupes, de façon à diminuer autant que possible à l’extérieur la longueur des toitures. Cette considération a dû faire abandonner l’idée d’édifier aux extrémités de la nef des pignons qui se seraient prêtés à un effet plus décoratif.
Cette grande nef abrite la piste réservée à la sculpture. On y a établi des annexes décorées do treillage et réservées à la peinture. Des galeries de 5“,50 formant balcons au premier étage entourent la nef.
Sur tout le pourtour au rez-de-chaussée, avec éclairage latéral, et au premier étage avec jour venant du haut, sont des salles de 12 m de large, réservées à la peinture et auxquelles on accède par des escaliers situés aux deux extrémités de la piste et par ceux des pylônes de la façade principale.
Ces salles sont reliées aux quatre angles par des salons de repos. La partie du Palais située du côté de la Seine a été réservée aux sections étrangères, la partie située du côté des Champs-Elysées à la section française.
Les sous-sols ont été affectés à des services annexes ; du côté des Champs-Elysées se trouvaient le commissariat et le poste de police. En façade principale, le service des sapeurs-pompiers. Les postes et télégraphes occupaient des locaux situés du côté de la Seine. Enfin, la partie de la façade postérieure était réservée au service médical.

2° Partie intermédiaire du grand palais

ARCHITECTE : M. LOUVET
La partie intermédiaire comprend essentiellement :
La nef de retour, aboutissant ù l’escalier d’honneur situé en face de l’entrée principale du Palais ;
En haut de l’escalier, la grande salle de concerts et ses dépendances;
Autour de la nef, les galeries continuant les galeries de la partie antérieure.
DESCRIPTION.
Le rez-de-chaussée comprend deux grandes galeries, l’une façade nord, l’autre façade sud, reliées par une galerie transversale où viennent aboutir des pentes douces facilement accessibles. Chacune de ces galeries a environ 20 m X60 m. Elles sont éclairées par de vastes haies et peuvent servir aux expositions de toute nature.
La nef de retour, de même largeur que la nef principale (partie Deglane), contient le grand escalier d’honneur et est entourée de galeries de 4 m de largeur, leur sol est à lm,80 au-dessus du sol de la piste. Elles peuvent servir également aux expositions et former promenoirs.
Au premier étage sont disposées, suivant les façades nord et sud, de grandes galeries de 12 m de large sur 60 m de longueur ; à coté, d’autres salles accessoires de 8 m de large, ouvertes sur ces galeries peuvent être sectionnées. Toutes ces salles éclairées par le haut sont spécialement destinées à la peinture.
Entre ces deux groupes de galeries se trouve la grande salle des concerts et ses dépendances.
La salle des concerts est située dans l’axe du Palais. On y accède par une vaste baie (entrée principale), située sur le grand palier de l’escalier d’honneur, et par d’autres baies la reliant aux différentes galeries. L’une de ces baies donne sur un grand escalier spécialement destiné à cette salle. D’autres permettent d’accéder aux dépendances situées à proximité.
Cette salle (60X20) pourrait contenir plus de 1500 personnes assises. Sa décoration prévue surtout en grandes surfaces revêtues de peintures historiques, la rendrait propre à servir aux exécutions musicales.
Tout en étant destinée à l’art musical, cette salle pourrait également devenir une salle dos fêtes et servir aux expositions do peinture à l’époque des salons annuels.
C’est cette dernière destination qui lui a été donnée pour l’Exposition de 1900. Mais elle a été conçue de façon à pouvoir être facilement aménagée pour les concerts, c’est-à-dire, à comprendre : un grand orgue sur l’une des parois transversales, des tribunes, estrades, etc. La décoration est prévue surtout en peinture, les reliefs et sculptures étant réduits au minimum afin d’obtenir une bonne acoustique.
Cette salle est accompagnée de toutes les dépendances nécessaires telles que : grand escalier spécial, escaliers secondaires, ascenseur, vestiaires, water-closets, loges d’artistes, etc.
De cette façon, cette partie du Palais pourrait former un tout complet et indépendant.
Au sous-sol, deux vastes salles, l’une sous les galeries nord, l’autre sous les galeries sud et mesurant chacune environ 20 mx 60m. Elles sont destinées à servir d’écuries pour le Concours Hippique et sont reliées entre elles par une autre galerie transversale où se trouvent les pentes douces permettant l’accès facile des chevaux sur la piste du rez-de-chaussée.
Indépendamment de cette utilisation temporaire, ces galeries pourront servir de dépôts, débarras, etc., il sera même possible d’v aménager les bureaux. Elles sont convenablement éclairées par des baies percées dans le soubassement de la façade et largement aérées sur les murs de face et les courettes extérieures.
On trouve, en outre, dans le sous-sol, des espaces assez vastes pour permettre l’installation d’appareils de chauffage et d’électricité.
Ornementation.
Il y a fort peu d’ornementation dans la partie intermédiaire. Les salles intérioun’s, on effet, sont laissées très simples afin qu’elles puissent servir aux expositions de toute nature. Dans la grande salle de concerts, encore inachevée, l’architecte a prévu, dans la niche, l’arc d’entrée et les six grands panneaux, une décoration comprenant de grandes peintures murales ; une frise avec ornements sculptés, enfin les voussures du plafond sont étudiées en décoration peinte.
Le fond de croupe, au-dessus de l’arrivée du grand escalier, est. également prévu en peinture décorative et sculpture ornementale.
La sculpture comprend :
Sur la façade nord, au-dessus de la porte d’entrée, un grand bas- relief et deux groupes en pierre sur la même façade au-dessus des doubles colonnes.

NATURE DE LA CONSTRUCTION

De même que pour le reste du Palais, les fondations ont été établies en partie sur des pilotis en chêne battus au fond de rigoles par des sonnettes à vapeur. Du côté des Champs-Elysées, les massifs en béton ont pu être établis directement sur le sol (sable glaiseux) qui, à cet endroit, offrait une résistance suffisante.
Mais du côté delà Seine et pour environ une moitié de la superficie du Palais, on 11e trouvait que des couches de tourbe et d’argile qui ont nécessité la consolidation du sol au moyen de pieux. Il eu a été battu 408 pour la partie intermédiaire ; leur longueur variait entre 10 111 et 4 m avec un diamètre de 0m,8o environ.
La partie intermédiaire comprend deux façades latérales d’environ 60 m chacune ; celle du nord, sur les Champs-Elysées, est un peu plus longue que l’autre; dans la travée du milieu se trouve une entrée à laquelle on accède par un perron en pierre.
L’architecture de ces façades est naturellement reliée à celle des façades postérieures de M, Deglane. Toutes ces parties de pierre ont dû être étudiées de concert par les deux architectes, aussi n’y a-t-il dans l’ordonnance architectonique que des variantes de détails, telles que des baies au premier étage dans l’édifice de M. Louvet au lieu de parties planes dans celui de M. Deglane. Un motif milieu est placé au-dessus du perron de la façade nord.
Les matériaux employés pour ces deux façades sont, au-dessus des fondations, en béton et meulière.
1“ Près du sol une assise on pierres de Villebois (Isère) ; ensuite, jusqu’au bandeau du rez-de-chaussée, pierre d’Euville et Lérouville (Meuse); enfin les élévations au-dessus du rez-de-chaussée sont en pierre de Mesnil-le-Roi (Seine-et-Oise). Toutes ces pierres ne forment que des revêtements d’environ un tiers des murs; le reste est en maçonnerie de meulière et moellon.
Ce système de construction mixte, lorsqu’on emploie de bons mortiers, donne une maçonnerie excellente et beaucoup moins coûteuse que la maçonnerie exécutée complètement en pierre de taille. Quant aux intérieurs, ils sont traités avec la plus grande simplicité de façon à pouvoir se plier aux exigences des expositions les plus diverses. Il n’y a que très peu de décoration, l’attention ne devant pas être distraite des objets exposés et les divisions intérieures pouvant se prêter à toutes sortes de modifications.
Seule, la grande salle de concerts comprendra, lors de son achèvement, un grand ensemble de voussures ornées et des peintures décoratives.
La Pl. 22 montre la disposition de la charpente métallique de la partie intermédiaire de la Salle des Fêtes pendant le montage de l’ossature.
La grande nef (partie en retour et croupe} a été étudiée d’entente avec M. Deglane chargé du dôme et de la nef principale. Les architectes ont cherché, en employant l’acier, à obtenir un effet aussi léger que possible. Ils ont cherché les effets de décoration dans l’emploi raisonné des éléments de construction en acier, c’est-à-dire des tôles plates et des cornières forgées et roulées en proscrivant complètement remploi de la fonte. Ce système de construction, très rationnel, donne à ces grandes arcatures d’acier un style très logique et très moderne.
Le grand escalier d’honneur qui conduit de la piste au premier étage est également entièrement construit en acier apparent. Les arcatures et limons reposent sur des colonnes en porphyre vert des Pyrénées portées sur des soubassements en granité des Vosges. De même que pour les fermes de la grande nef, l’architecte a pensé trouver dans l’emploi presque exclusif des tôles plates et des cornières forgées un effet logique et moderne. Mais il y a dans l’emploi nouveau île ces matières de sérieuses difficultés d’étude, toute la construction restant apparente, et de grosses difficultés d’exécution.
L’escalier conçu de cette façon comprend deux grandes volées avec paliers de repos et volées accessoires à 45°. Il occupe tout le fond de la nef sans boucher le passage. Les dessous mêmes seraient parfaitement utilisables pour des buffets, endroits de repos, etc.
Sur le palier principal, au premier étage, dans la grande arcade de fond de croupe, se trouve l’entrée principale de la salle de concerts. Tout ce fond de croupe, visible dès l’entrée, est décoré de peintures et de sculptures ornementales.

Partie postérieure.

ARCHITECTE : M. THOMAS.
La partie postérieure comprend essentiellement :
Le hall elliptique;
Les salles de l’Exposition et dépendances.
DESCRIPTION GENERALE.
La façade sur l’avenue d’Antin rappelle un peu celle de l’ancien lhi- lais de l’Industrie. Ce rapprochement est surtout saisissable dans le porche central qui comporte une grande haie cintrée avec tympans ornés et un soubassement avancé avec colonnes accouplées. Au-dessus de l’entablement, attique et allégorie décorative analogue.
La colonnade du Palais sur l’avenue d’Antin à colonnes jumelles rappelle celle de la façade antérieure sur l’avenue Nicolas II, mais l’ensemble est d’une décoration plus simple et plus sobre.
Sous cette colonnade court une frise polychrome en grès cérame représentant l’histoire de l’Art depuis les temps les plus reculés. Les dessins et reliefs sont de MM. Blanc et Barrias, les grès flammés ont été exécutés par la Manufacture de Sèvres.
De l’avenue d’Antin on a accès par le porche médian dans un hall elliptique. La rotonde qui en occupe le centre forme, en bas, vestibule d’honneur ; du vestibule on pénètre dans quatre salles d’exposition larges de 10 m environ et longues de 36 m; deux des salles donnent sur l’avenue, les deux autres symétriques sont adossées à la partie intermédiaire de M. Louvet, et, entre les quatre, aux deux petites extrémités du rectangle, se trouvent deux galeries de réception ; en outre il y a quatre petits locaux de destination indéterminée et aux angles des salons de repos, bureau d’administration etc.
Deux larges escaliers permettent d’atteindre les salons et salles d’exposition des étages identiques aux salles et salons du rez-de-chaussée et s’y superposant.
Au sous-sol, deux rampes d’accès conduisent à deux immenses salles, l’une sous la partie nord, l’autre sous la partie sud ; elles mesurent chacune environ 39X35 m.
Correspondant au hall du rez-de-chaussée, une salle elliptique située (‘litre les deux précédentes mesure 43x^1 m. En outre sont disposés
le logement du concierge, un poste de pompiers, un bureau d’octroi, un poste de police, etc.
Description de l’ossature métallique.
Correspondant aux trois divisions que nous venons de décrire, l’ensemble de l’ossature métallique comprend : une nef longitudinale avec croupes aux extrémités, une nef transversale avec croupe, un dôme à l’intersection des deux nefs, un porche d’entrée.
La nef transversale se raccorde sur l’avenue d’Antin avec une coupole elliptique; sur cette coupole se raccordent de part et d’autre, deux nefs centrales, moins importantes que les précédentes auxquelles s’adjoignent de petites nefs latérales. Les nefs centrales se terminent chacune par une coupole octogonale extérieure et les nefs latérales par de petits pavillons d’extrémité.

GRANDE NEF.

La charpente de la grande nef est constituée par deux parties semblables réunies par un dôme central.
Chacune des parties postérieure ou antérieure au dôme comprend :
Quatre fermes courantes ;
Une ferme contre-dôme qui ne diffère de la première que par les piliers et par leur mode d’ancrage ;
Une ferme de noue à l’intersection du dôme et de la nef.
Les pannes sont au nombre de onze, se décomposant ainsi : huit pannes intermédiaires, deux pannes de rive et une de faîtage.
Sur ces pannes viennent reposer les chevrons, les fermettes de lanterneau, les pannes à vitrage et les fers à vitrage.

CROUPE DE LA GRANDE NEF.

La croupe de la grande nef comprend :
Deux grands arêtiers, deux empalions principaux et quatre empalions secondaires venant s’assembler sur les arêtiers et sur un arc inférieur.
Ces arêtiers eux-mêmes s’appuient à la base sur un arc antérieur de fond et à la partie supérieure sur une ceinture formant le contour du lanterneau.
Les pannes de toute cette croupe sont circulaires et soutiennent les chevrons, les pannes de vitrage et les fers à vitrage.

Dome CENTRAL.

L’ossature du dôme comprend huit arêtiers ; chaque arêtier se compose d’un arc en plein cintre en treillis de. 33m,595 de rayon intérieur, prolongé par deux piédroits verticaux d’une hauteur de 10“,993, mesurée du sol à la naissance du plein-cintre.
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Chaque piédroit se compose de deux piliers distants de 2ra,35 d’axe en axe.
Les deux piliers sont encastrés et ils sont réunis à partir de la base par une partie pleine, puis laissent, entre eux un intervalle vide de lra,60 et sont de nouveau réunis par une forte entretoise au niveau du plancher. Au-dessus de cette entretoise, les piliers laissent de nouveau entre eux un intervalle vide. Ils sont, réunis à leur sommet par une partie pleine qui constitue la naissance de l’arc.
Sur les arêtiers viennent s’appuyer les couronnes.
Ces couronnes, au nombre de deux, une supérieure de 11™,60 de diamètre et une intermédiaire de 33 m de diamètre, sont circu-laires et non polygonales, leur rigidité dans le sens horizontal est relativement faible. Aussi dans les calculs faut-il tenir compte qu’il n’y a pas équilibre entre les réactions horizontales, suivant le rayon que pourraient leur transmettre les arêtiers et les fermes intermédiaires, comme cela se passe dans vin dôme proprement dit où toutes les forces suivant le rayon sont sensiblement égales.
Ces couronnes s’appuient sur les arêtiers et servent au contraire d’appui aux fermes intermédiaires.
En outre, le dôme repose sur quatre fermes de noues, ces fermes formant l’intersection de la couverture du dôme avec celle des nefs et du porche.
En outre, l’ossature comprend :
Les arbalétriers intermédiaires reliant les noues et les couronnes :
Les arbalétriers surélevés supportant la couverture plus élevée comprise entre les deux couronnes et existant au-dessus des arêtiers et des arbalétriers intermédiaires ;
Le campanile qui recouvre la région centrale circonscrite par la couronne supérieure ;
Les pannes, chevrons, pannes de vitrage, fers à vitrage reliant cette ossature complètent la charpente du dôme.
Font partie également du dôme, les pannes qui relient les fermes de noue avec la première ferme courante de chaque nef, ainsi que les chevrons, fermettes de lanterneau, pannes de vitrage et fers à vitrage qu’elles supportent.
PORCHE.
La charpente du porche comprend : une ferme de tête encadrant un rideau vitré reposant sur le mur de face ; une ferme reliée à la ferme de tête par les pannes supportant la couverture et par un plafond vitré.
Les piliers de cette dernière ferme sont encastrés dans le sol.
L’ossature du porche est complétée par les chevrons, tes pannes de vitrage et les fers à vitrage.

NEF TRANSVERSALE.

La carcasse de la nef transversale comprend :
Une ferme courante, une ferme contre-dôme, celle-ci, sauf le mode d’ancrage des piliers, est semblable à la ferme courant*?. Puis les pannes réunissant ces deux fermes entre elles ainsi que celles réunissant la ferme courante à la croupe. Enfin les chevrons, fermettes de lanterneau, pannes de vitrage et fers à vitrage qu’elles supportent.
CROUPE DE LA NEF TRANSVERSALE.
• La croupe de la nef transversale comprend :
• Quatre arêtiers, deux à deux semblables, symétriquement placés ;
• Deux demi-fermes tronquées venant s’assembler avec deux des arêtiers ;
• Deux empanons d’extrémités.
Ces arêtiers et empanons s’appuient d’une part au sommet sur une ceinture formant le contour du lanterneau, et d’autre part sur un are antérieur de fond et deux arcs de pans coupés placés symétriquement.
L’arc antérieur de Pond est doublé d’un arc postérieur formant avec celui-ci un doubleau.
Sur ces pièces principales s’appuient les pannes et les chevrons portant la couverture.
Les arêtiers sont contenus avec leurs piliers et ces derniers sont encastrés à leur base, ces arêtiers s’appuient à leur sommet sur la ceinture du lanterneau sur laquelle ils exercent une poussée.
La ferme tronquée est comme les fermes courantes ; continue à deux piliers encastrés à leur base, elle s’assemble en son sommet l’atelier latéral, très près de l’assemblage de ce dernier avec la couronne du lanterneau.
En outre, les chevrons ainsi que les pannes de vitrage et les fers à vitrage viennent reposer sur toute cette ossature.

COUPOLE ELLIPTIQUE,

Les Pl. 23, 24 et 25 donnent les détails de la coupole elliptique abritant le- vestibule d’honneur du Grand Palais (partie postérieure sur l’avenue d’Antin).
La charpente en est particulièrement intéressante.
Les fermes composant cette coupole sont de deux types distincts.
1° Fermes jumelles ;
2° Fermes simples.
Eu outre ces fermes supportent des fermettes de lanterneau.
Les fermes jumelles comprennent seize fermes simples de constructions similaires, quatre jumelles contre axe longitudinal et quatre jumelles contre axe transversal.

Les dix fermes M* ont le même tracé que les fermes M, elles ne diffèrent de ces dernières que par la partie inférieure des goussets numéros 1, 2, 3 qui deviennent des goussets numéros i^-, 2^, 3.,.
De plus dans les parties cintrées de l’extrados elles ne portent pas les attaches des goussets de contreventement.
Fermettes de lanterneau.
Les fermettes de lanterneau comprennent :

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A gauche de la coupole centrale elliptique; les combles situés à droite de la coupole sont symétriques.
Par l’aspect dos figures on voit que cette partie delà charpente métallique du Grand Palais est toute simple, la lecture des plans suffit pour l’expliquer.
COUPOLES OCTOGONALES ET PAVILLONS D’EXTRÉMITÉS
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Les coupoles octogonales font suite aux deux nefs centrales des constructions latérales du Grand Palais pour la partie on bordure de l’avenue d’Antin.

Chacune de ces coupoles comprend huit fermes ou arêtiers, ces fermes supportent au moyen d’aiguilles une paillasse formant faux plafond.

Cette ossature est complétée par une série de pannes et de chevrons comme il est indiqué en plan et coupe sur la PL 27.
La structure des Pavillons d’extrémité des nefs latérales est indiquée en détail sur la Pl. 38: ainsi que le pan de fer soutenant les nefs centrale et latérale.
La disposition de ces ossatures très simples n’offre rien de particulier.

 

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